Auditions publiques – Gilbert Naccache

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Nom et prénoms : NACCACHE Joseph, Gilbert
Né le : 15 janvier 1939 à Tunis
Fils de Maurice et Emma Zuili
Etudes primaires et secondaires au Lycée Carnot de Tunis de 1944 à 1956
Etudes supérieures à Paris de 1956 à 1962 (Classe préparatoire, puis Institut National Agronomique)
Diplômes : Baccalauréat Mathématiques élémentaires, 1956 Diplôme d’ingénieur agronome, 1962
Activité professionnelle : Ingénieur principal au service de la Production Agricole, Végétale et Animale (1962-63), puis au service de l’Hydraulique et l’Equipement rural (1963-64) , puis au Projet de Planification rurale intégrée de la Tunisie Centrale (1964-67) et enfin au Bureau de contrôle des UCP du Nord (mars-octobre 1967) au Sous-secrétariat d’État à l’agriculture. Muté sur sa demande au CERES de l’Université de Tunis, sans que soit régularisée sa situation administrative : travaille au CERES, jusqu’en mars 1968, mais dépend administrativement de l’agriculture dui a cessé de lui payer son traitement dès octobre 1967.
Activités syndicales au syndicat des techniciens de l’agriculture.
Activités politiques clandestines au sein du Groupe d’études et d’action socialiste (Perspectives)
Arrêté le 22 Mars 1968 par la Brigade criminelle. Torturé du 22 au 24 Mars (plusieurs heures par jour) dans une petite salle du Ministère de l’intérieur ; mode de torture : coups de différents instruments(matraques, nerfs de boeuf, tuyaux de caoutchouc plombé et autre) sur la plante des pieds alors qu’il est en position « du poulet rôti », accroché par une barre de fer entre deux tables. De temps en temps, on arrête les coups, on lui passe de l’eau froide sur les pieds et on le fait marcher, puis les coups reprennent, accompagnés de menaces et d’insultes… Le troisième jour, on applique à deux reprise un instrument électrique dur la peau, une secousse électrique, qui a plutôt le but d’effrayer. Interrogatoire
Fin des interrogatoires, renvoi à la prison civile de Tunis et passage chez le juge d’instruction de la 5ème chambre du tribunal correctionnel de Tunis, lecture des chefs d’accusation (6 ou 7) Le juge enregistre la protestation contre les torture subies.
Début juillet 1968 : création de la Cour de sûreté de l’État ; convocation par le même juge, mais cette fois en tant que juge d’instrution de la nouvelle cour, i,terrogatoire de pure forme, signature de copies des dépositions précédentes.
16 au 22 septembre 1968 : jugement à la cour de sûreté, condamnation à 16 ans de prisons, attente du recours en cassation, le verdict de rejet du pourvoi est signifié le 28 septembre.
28 Septembre 1969 : transfert au pénitencier de Borj Roumi. Séjour dans des situations très pénibles pendant 6 mois. Adoucissement des conditions en avril 1969, après plusieurs grèves de la faim : autorisation d’une visite mensuelle de la famille, d’une lettre et d’un colis de nourrituire et de linge mensuel ; autoprisation d’acheter des marchandises (cigarettes et boîtes de conserves) à la cantine. Pressions pour obtenir des demandes de grâce.
Après septembre 1969, amélioration des conditions, tentatives de faire signer une demande de la nouvelle grâce amnistiante, uis libération en deux groupes en javier, puis le 20 mars 1970.
Assignation à résidence à Gafsa d’abord (avril-octobre 1970), puis à Bou Salem (oct 1970-février 1972) sans fournir logement ni ressources…
Détention préventive sans interrogatoire du début février à la mi-mai 1972, puis assignation à résidence à Ouerdanine jusqu’ au 26 décembre : nouvelle arrestation, par la DST cette fois, et nouvelles tortures (mêmes méthodes) pendant deux jours ; condamnation par le tribunal correctionnel à un an de prison en maars 1972, confirmé en appel en mai
En juin, retour à la DST et torture pendant deux jours à la suite de l’interception de messages entre prisonniers et l’extérieur par des gardiens de la prison. Les interrogatoires ne donnent rien, mais inculpation sans preuve par le juge d’instruction, ce qui justifiera le maintien en prison après la fin de la peine d’un an.
Le 14 avril 1973, à la suite d’une manifestation d’étudiants à Tunis, Bourguiba annonce le retrait de la grâce amnistiante de 1970 il faut donc passer 14 ans de prison. Toute cette procédure est illégale, mais aucun recours ne donne de résultat, pas même après 1987.
Libération par une décision de libération conditionnelle le 3 août 1979. Ne retrouvera la totalité des droits qu’après la révolution. «